Conference Lunch  ·  22 September 2016 at 12h15

Augustin de Romanet, PDG d’Aéroports de Paris

« L'évolution des aéroports au XXIème siècle : miroir de la mondialisation »


Les aéroports sont des facteurs majeurs de développement au XXIème. Ce mouvement se nourrit de trois dynamiques. Il y a tout d'abord une massification de la demande pour le transport aérien. En 1950, 25 millions de touristes voyageaient à travers la planète. Aujourd’hui, un milliard. En 2030, deux milliards.

Il y a ensuite une déconcentration du pouvoir à l’échelle du monde. D'un côté, le (re)basculement de l’économie mondiale de l’Atlantique vers l’Asie se déroule à un rythme jamais observé par le passé. D'un autre côté, au sein des nations, le pouvoir passe tendanciellement de l’échelon central à l’échelon local, davantage décideur notamment en matière de services urbains. Il y a, enfin, un accroissement de la vitesse de circulation des biens et services, composante majeure de la croissance économique. Aujourd’hui, le fret aérien mondial représente moins de 2% des marchandises en volume mais 35% en valeur.

Ce développement des aéroports bénéficie à la Cité. Le modèle traditionnel s’essouffle, celui qui voyait les aéroports construits loin des centres urbains. A l’instar de la nouvelle génération de grands stades, les aérovilles sont des espaces créateurs d’activités, au cœur des réseaux urbains et non en marge, pourvoyeurs de services pour les passagers mais aussi pour les riverains.

Dans cette croissance générale, il y aura des zones plus ou moins dynamiques et une concurrence accrue. Tous les aéroports seront certes en croissance. Mais celle-ci sera plus substantielle en Asie-Pacifique (+ 8,4%/an) qu’en Europe (+4,7%/an) ou en Amérique du Nord (+3,9%).

L’innovation jouera un rôle croissant dans ce contexte. L’essor de technologies émergentes pourrait faire jaillir de nouveaux business model permettant sans doute de mieux répondre à la demande des compagnies aériennes.

La fluidité des transferts ou la diminution du temps entre l’arrivée à l’aéroport et l’attente à la porte de l’avion seront des arguments importants.

L’amélioration technique des avions, et notamment leur moindre nuisance sonore, pourraient permettre d’envisager des évolutions, notamment pour les heures de survol des habitations.

Ces arbitrages résulteront nécessairement d’un accord entre les aéroports et les villes alentours. Cela pose la question du « pacte social » entre l’aéroport et les autorités publiques.

Augustin de Romanet, PDG d’Aéroports de Paris, Chevalier de la Légion d’honneur et Détenteur de la Médaille de la Défense nationale française, va nous amener dans sa réflexion fasse à cette évolution.