Conférence apéritif  ·  10 mars 2020 à 19h30

Me Anne Gruwez, Juge d’Instruction au Tribunal de Première Instance

« Le Juge d’Instruction face aux questions de société : féminicide, drogue, intégration, diversité culturelle, … »


Il n’est plus nécessaire de présenter Anne Gruwez, une juge d’instruction hors norme en talons aiguilles, au regard incisif et à la formule qui tue, rendue célèbre par le film « Ni Juge Ni Soumise », doublement primé aux César et Magritte 2019 du meilleur film documentaire, et où nous la suivons dans un quotidien fait de justice, de désordre, de prostitution, de gentrification de Molenbeek, de consanguinité.

Anne Gruwez est juge d’instruction « de droit commun », le tout-venant de ce que nous avons appris être les fautes vénielles et les fautes mortelles. Elle ne s’occupe pas des délits dits « en col blanc » ou des affaires dites « terroristes », quoiqu’elle les côtoie.

Au titre de « droit commun », le juge d’instruction prend les questions de société de plein fouet. Il n’a pas le pouvoir de déterminer les priorités de politique criminelle, c’est-à-dire de donner ordre à la police de mettre le paquet sur la recherche de tel ou tel crime ou délit. Mais ceux qui sont considérés comme les plus graves de ces crimes et délits échouent sur son bureau.

Deux entités se présentent au juge d’instruction : d’une part, les faits, d’autre part, les personnes qui en sont soupçonnées. Il appartient au juge d’instruction de faire le lien, de donner au juge qu’il n’est pas et qui condamnera ou non, l’éclairage nécessaire sur les faits et sur les protagonistes.

On dit qu’il est à la fois Maigret et Salomon : il mène l’enquête, il est garant de la loyauté de cette enquête et il décide de l’emprisonnement immédiat de qui bon lui semble au moment où il lui semble. Sa responsabilité est à la hauteur de son pouvoir ; il est aujourd’hui en première ligne des critiques.

Mais il est aussi thérapeute des questions de société. Et Anne Gruwez se plaît à s’imaginer le serment d’Hippocrate pour les juges d’instruction : « La justice n’est pas restauratrice. Guérir, jamais, mais soulager, peut-être, et écouter, toujours. Alors, tu pourras parler des questions de société. »


BIO EXPRESS :
• Née en 1956 à Schaerbeek, fille de médecin, ce qui lui a rendu la médecine légale familière
• Scolarité à l’Angélus (Woluwe-Saint-Lambert) et au Sacré-Cœur de Lindthout (Etterbeek)
• Etudes de droit (Université Saint Louis et UCL)
• Avocat à Bruxelles chez M. le bâtonnier Humblet, puis juge au siège, pratiquant notamment le droit des saisies
• Depuis 1989 : fait partie du comité de son quartier
• Mars 1993 : nommée juge d’instruction au Tribunal de Première Instance de Bruxelles
• Co-fondatrice de l’asbl « Dispositif Relais » (Service de soutien psychologique et d'accompagnement social pour jeunes (anciens) détenus en vue de leur réinsertion)
• Fait également partie de la Ligue des Optimistes et d’Inter-Environnement Bruxelles
• Officier de l’Ordre de Léopold
• Vice-présidente au Tribunal de Bruxelles francophone


Accueil à partir de 19h ; Conférence à 19h30 ; Drink et sandwiches à 20h45.